A toi mon nounours, ami de mon enfance,
Toi qui me consolais de toute ta tendresse,
Un jour je t'ai perdu, ô horrible détresse,
Je t'ai cherché partout dans ma désespérance.
J'ai vu tes congénères enfermés dans des zoos,
Mon coeur a pleuré devant un sort si triste,
Tu étais prisonnier, toi mon vieux Roméo,
Soumis à la tyrannie de ces obscurantistes.
Au détour d'un forum, un jour j'ai rencontré
Un vieil ours mal léché ; j'ai cru l'apprivoiser.
Mais de toi il n'avait qu'une vague apparence,
Car sous ses airs patauds couvait la viole